S’accueillir avec douceur 1.0

Un petit article ce soir sur mon trip du moment : l’accueil et la douceur envers soi-même !

Alors voilà, moi depuis que j’ai découvert Isabelle Padovani (au travers de ses vidéos puis de ses rencontres au coeur du vivant), puis Arnaud Desjardins, Marianne Williamson, Byron Katie, Jeff Foster et plein d’autres, il est un truc que j’adore vivre et pratiquer chaque jour : l’accueil de ce qui est. Bon, comme en pratique je galère pas mal avec l’accueil de ce qui est (« merde il pleut encore », « c’est quoi ce con là ? », « dis donc j’ai une salle tête ce matin », « ah non merde pas la bouteille d’huile t’es trop maladroite », etc.), j’utilise à fond la première étape proposée par tous ces braves gens : commencer par accueillir ce qui, en moi, n’a aucune envie d’accueillir quoi que ce soit.

Début de l’accueil : la traduction…

Pour cela j’empathe tout ce beau monde intérieur, j’utilise le processus de la Communication NonViolente pour traduire mes voix intérieures, et passer de leurs cris de détresse ou de colère à la connexion à la beauté de leurs besoins et aspirations et boudiou que c’est doux et bon, quand une voix en moi fraîchement traduite pousse un soupir de contentement et vient se lover dans la douceur intérieure, celle d’avoir été entendue et rejointe. Et ensuite la deuxième étape est possible : accueillir pour de vrai ce qui est…

Ça a l’air classe vu comme ça hein ?
Ouais moi aussi je suis plutôt fière quand j’y arrive : d’abord parce que c’est super bon de ne plus me taper dessus quand je casse la bouteille d’huile d’olive au milieu de la cuisine (variantes : renverser les spaghettis, le pot de curcuma, les croquettes des chats, le café sur le clavier, le paquet de chips par terre, etc.), et ensuite parce que je mesure le chemin parcouru et mon évolution et c’est super bon ça aussi.

Je n’y arrive pas toujours…

Bon ben voilà, y a des fois où ça marche pas. Bon, disons plutôt qu’il y a des fois où je n’y arrive pas. Je suis bloquée au stade où je crois dur comme fer que c’est l’autre qui est en tort, qui me fait du mal, qui devrait se comporter autrement, ou moi qui suis la reine des incapables, qui ne sais rien accueillir, et tout et tout et tout, et j’accueille que dalle.

Et pourtant je le sais bien, que je suis responsable de mes sentiments et émotions, que mes besoins et aspirations (ou blessures du passé) en sont la cause, que la clef est dans la douceur de l’accueil de ce que je vis moi (et non dans l’accusation, que ce soit de moi ou de l’autre), je le sais bien, avec les milliers de pages lues sur le sujets, les heures de vidéos, de rencontres, discussions, partages, échanges, pratiques.

Et aussi et surtout, ce n’est pas juste un savoir intellectuel, c’est simplement l’expérience que j’en fais jour après jour quand j’arrive à transformer chacune des situations que je vis pour reprendre ma responsabilité, 100% de ma responsabilité, avec douceur et amour de moi. Mon expérience aujourd’hui c’est que pour toutes mes situations ce truc est vrai : je suis responsable de ce qui m’arrive, et c’est ok. Jamais eu d’exception encore.

A ce propos j’ai découvert récemment Franck Lopvet, qui met en mots tout cela d’une manière qui me parle beaucoup : ce que je vis au dehors c’est moi, je crée ma réalité, je me fabrique des expériences, afin de me reconnaître et m’aimer davantage chaque jour, et de vivre des expériences et des émotions qui permettent à mon âme d’avancer vers là où elle a choisi.

J’ai tout bien compris, et pourtant ça bloque encore

Bon, et alors, parfois ça merde. Et dans ces moments-là, y a plus de chemin parcouru, y a plus de lumière, y a plus de douceur, y a plus d’accueil de rien du tout, y a qu’un gros truc tout poisseux qui dit « je sais pas faire, j’y arrive pas, cette fois c’est pas vrai, cette fois ça marchera pas, cette fois je suis incapable d’accueillir ça, il me faut des clefs, je ne peux pas faire toute seule, etc. ».

Il y a bien cette certitude ancrée au plus profond que oui le truc est retournable, que je suis capable d’entendre le message, de prendre ma responsabilité, que je peux accueillir tout ça et arrêter de croire à l’histoire qui dit que je sais pas faire ; mais cette certitude est totalement ébranlée par le fait que je suis complètement à la ramasse, sans aucune idée de quoi ou comment.

Et le plus touchant, c’est que ce truc là s’est produit plusieurs fois ces derniers temps, comme si un truc en moi jouait à oublier qu’à chaque fois ça marche et continue à croire mordicus que peut-être pour cette fois là on va découvrir que je n’y arrive pas et que je suis la bouse de l’accueil, vrai de vrai. Faut dire que sur le moment ça rigole pas du tout, j’y crois à fond, et c’est pas drôle du tout, comme une sorte de temps suspendu, avec moi qui braille qu’il faut que ça change mais que je ne sais pas quoi faire, que pour cette fois ci je suis vraiment nulle en accueil…

Pourquoi je vous raconte tout ça ?

Bon, pourquoi je vous raconte tout ça ? Simplement parce que j’ai traversé un truc comme ça récemment, et que j’ai reçu un cadeau de ma petite voix intérieure, un cadeau tellement précieux qu’il m’est venu l’élan de le donner au monde entier, tellement c’était bon, tellement c’était simple. Le plus drôle c’est que c’est en substance un truc que j’ai entendu et lu des milliers de fois, et que j’ai moi-même transmis (la bonne blague) un certain nombre de fois aussi, sauf que là j’avais tout oublié, et ça m’est revenu quand même, gratitude infinie.

C’est parti : « enjoy the show »!

Bon voilà, j’étais sur mon vélo, en plein acte II scène 3, un concert de lamentations et auto-flagellations intérieures : « comment accueillir, comment transformer, je sais pas faire, j’y arrive pas, c’est nul, je suis au fond du trou, plus jamais je goûterai la joie, je suis condamnée à une vie de souffrance car je ne sais pas l’accueillir pleinement cette souffrance, et je sais bien que si je l’accueille pas ça veut dire que je la refuse, et si je la refuse elle va rester, c’est mathématique, oui madame, « ce que je fuis me poursuit, ce que j’accueille me transforme » c’est bien connu, impossible de m’en sortir cette fois, bon il me faut un rdv psy, ah non ça suffit quand même tu pourrais essayer de te démerder toute seule, tu sais faire maintenant, non je sais pas faire, c’est impossible cette fois là, etc. ».

Très sympa quand on est identifié à l’acteur principal, trop de la bombe, j’ai adoré. Rétrospectivement j’ai effectivement adoré vivre ça et y croire vraiment, le jeu est vraiment parfait. Sur le moment c’était simplement l’enfer bien sûr.

La sortie des enfers

Et c’est là que la petite voix arrive : « bon, et bien, allons-y, puisque tu veux te démerder toute seule : si tu étais face à l’un.e de tes enseignant.es spirituel.les préféré.es, que te dirait-elle.il ? »

Et mon foutu premier de la classe répond à cette foutue voix, sous mes yeux et oreilles ébahies : « bah, c’est évident, elle.il dirait de m’accueillir telle quelle, exactement telle quelle, c’est-à-dire avec mon impuissance totale à accueillir, mon désarroi sans fond, toute l’histoire que je me raconte et à laquelle je crois dur comme fer, sans rien chercher à changer, sans chercher à transformer ou à faire quoi que ce soit, juste accueillir que j’en suis là, exactement là, point barre ».

Pfiout…

Et juste là, ça a fait pfiout, et tout s’est envolé, et j’étais là sur mon vélo à inspirer expirer la pure joie de l’accueil, une putain de détente de dingue, un grand rire montant des profondeurs, une immense douceur intérieure, et encore la joie, cette joie d’être exactement là où j’étais, parfaitement ok à patauger dans la bouillasse, qui n’avait d’ailleurs plus trop une tête de bouillasse à ce stade, juste un truc ok qui était juste là pour me permettre de goûter ça, la joie d’être parfaitement imparfaite, parfaitement impuissante, juste parfaite.
Complètement dingue.
Et complètement évident en fait, et même complètement écrit sur un post-it que je lis et relis et re-relis tous les matins puisqu’il est collé sous mon nez sur le miroir de la salle de bains, oui oui, sauf que quand on a tout oublié ben on a réellement tout oublié, le jeu est parfait j’vous dis, et moi j’étais à fond dans le rôle…

Voilou pour ce soir !
Et vous, des expériences à partager ?

Pratique de l’accueil en douceur

Je vous propose un petit exercice pratique si vous voulez tester ça :

  1. Regardez-vous tel·le que vous vous percevez ici et maintenant. Y a-t-il un truc qui vous agace, vous énerve, vous déplait à votre sujet ? Pour démarrer je vous propose de prendre un truc soft, et pas une question majeure (bon, enfin c’est vous qui voyez finalement).
  2. Commencez par ne rien faire, observez juste : « il y a ce truc qui me déplait chez moi », respirez avec ça.
  3. Regardez s’il y a des jugements ou des commentaires qui émergent quand vous observez ça. Si oui, faites un peu plus de place en vous, ne faites rien de plus que regarder tout ça, et continue à respirer avec tout ce qui arrive. Dites « bienvenue » si c’est ok de le faire, respirez simplement si ce n’est pas ok.
  4. Maintenant regardez s’il y a encore une autre voix qui commente ce qui se passe, et regardez comment elle se sent en voyant ça. Continuer à lui faire de la place et à respirer avec.
  5. Continuer autant de fois qu’il y a des voix qui arrivent pour commenter ce qu’elles voient.
  6. Est-ce qu’au bout d’un moment vous sentez quelque chose de plus paisible qui s’installe ?
  7. Dans tous les cas, si vous en avez l’élan, remerciez-vous pour ce temps d’écoute interne, pour la place donnée à tout ce qui voulait s’exprimer.

Et si ça vous dis, racontez votre expérience, célébrations et difficultés, en commentaire !


Si vous avez aimé cet article, seriez-vous d’accord de le commenter et de le partager ?


petitprince

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fièrement propulsé par WordPress | Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑

Theme Tweaker by Unreal