Je n’ai pas peur.

Le vent dans les arbres la nuit, des ombres qui passent sans bruit, il y a une part de moi qui frémit, Maman Papa y a un crocodile sous mon lit, et je n’ai pas peur.

Ça tourbillonne et la vie m’emporte, à peine le temps de respirer, je sens tout contre moi la terreur d’être en apnée, le temps passe à la vitesse de l’éclair, et je n’ai pas peur.

Un instant j’ai oublié de vivre, je me suis endormie, est-ce que je rêve ou est-ce que je vis, et le rêve est-ce la vie aussi, je ne sais pas et je n’ai pas peur.

Autour de moi c’est l’anesthésie, on rit on boit on joue, où est donc passée la vie, elle joue à s’oublier à s’endormir à se déconnecter, à rire à boire à jouer, elle est en moi en toi en nous et je n’ai pas peur.

L’avenir est flou et incertain, je ne sais ce que sera demain, ni de quoi sera fait mon chemin, de mes choix je ne maîtrise rien et je n’ai pas peur.

Mon corps dit stop, arrête-toi et respire, ce boulot n’a plus aucun sens, tu accélères dans le mur, ralentis ou tu vas tomber, mes jambes flageolent, ma tête tourne, cette envie qui monte d’hiberner jusqu’au printemps et de tout oublier, et je n’ai pas peur.

Et toi ma belle aux yeux fontaine d’ombre, j’oublie jusqu’au son de ta voix, ta douceur reste gravée en moi, plus je te perds et plus je te retrouve, ça pleure dans mon coeur, et je n’ai pas peur.

Envie d’être ailleurs, d’être plus tard, envie de sortir de l’inconfort et de l’épuisement, d’exulter de joie et d’énergie. Et en même temps envie de rester là avec tout ça, avec cette envie de fuir, avec l’inconfort, avec la fatigue, juste de rester là, car je n’ai pas peur.

Merci mes masques et mes cuirasses, merveilleuses protections que vous fûtes, je vous honore et je vous dépose à mes côtés, comme une vieille armure devenue un peu étroite, comme de vieux trésors d’un autre temps, car je n’ai plus peur.

Plus peur de parler et me mettre à nu, plus peur d’aimer sans l’être en retour, plus peur d’attendre ce qui ne viendra pas, plus peur des larmes et de la tristesse, plus peur du corps qui flanche et des épaules qui se courbent, plus peur de faire des choix et de rester sans savoir, plus peur d’avoir peur.

La peur peut venir, elle est la bienvenue, elle peut rester autant qu’elle veut, mon coeur sera sa maison. Et en même temps, je ne la crois plus, elle ne me pilote plus, elle n’a plus d’emprise sur moi. Elle peut rester en moi, avec son doudou et un câlin, accueillie avec tendresse, pendant que je rouvre mon coeur à ce qui est présent, ici et maintenant.

Mes deux pieds sont dans la lumière de l’instant présent, la vie seule est à mes côtés, et avec elle la confiance vibrante que tout est juste, que tout peut arriver, qu’il n’y a pas de meilleur endroit où je puisse être, et je n’ai pas peur.


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