La gratitude est un art de vivre

J’ai commencé à entendre ce mot « gratitude » il y a quelques années, en m’intéressant au développement personnel puis à la Communication NonViolente. Je me souviens avoir été marquée par une conf de David Laroche au Sommet de la Conscience qui parlait justement de ça. Petit à petit, c’est devenu un concept extrêmement familier, ainsi qu’un exercice régulier, lors de stages ou de moments particulièrement nourrissants avec des proches.

Et puis, un jour, une amie m’a prêté son livre « La Magie » de Rhonda Byrne et me disant l’effet que ça avait eu sur son énergie, et ma curiosité et mon envie ont été éveillées, et je me suis à mon tour lancée dans l’aventure de la gratitude quotidienne. Bon, ben la réalité c’est qu’à la suite de ça tout a changé. Ça fait plusieurs mois maintenant, j’avais donc envie de vous faire un petit post pour raconter tout ça.

Bon, c’est quoi d’abord, en quoi ça consiste

J’imagine que c’est super clair pour tout le monde, mais si jamais ça ne l’est pas, je vais faire un mini tour d’horizon de ce que c’est pour moi. En un seul mot, ça consiste simplement à dire « merci ». Un vrai merci, du fond du coeur, et du fond du corps. Ce n’est pas le « dis merci à la dame » qui est simplement formulé avec la bouche et pas vraiment ressenti.

Ce que j’aime avec la gratitude (en version orthographe créative, ça donne grattitude si on est fan d’Isabelle Padovani — elle se gratte quand elle prononce le mot), c’est que ça marche pour tout : ça peut s’adresser à soi, aux autres, au monde autour, pour des milliards de petites choses quotidiennes tout comme de très vastes espaces, ça peut être une pratique spirituelle puissante pour celles et ceux qui aiment ça, tout comme un art de vivre joyeux pour celles et ceux qui ne souhaitent pas évoquer la spiritualité, en gros y en a pour tous les goûts, et sous toutes les formes aussi, pensées, lettres, paroles, actions, de dix secondes à beaucoup plus…

La gratitude en CNV

En Communication NonViolente (CNV) l’expression de la gratitude est un des piliers de la pratique et de l’intégration. L’idée est de pratiquer le processus de la CNV et de l’adapter à la gratitude :

  • Je choisis une situation, j’énonce les faits en une phrase ou deux
  • Je laisse émerger les besoins et aspirations profondes qui sont nourries dans cette situation
  • Je regarde comment je me sens ici et maintenant, quand je me relie à la situation et aux besoins nourris, quelles sont mes émotions et mes sensations corporelles
  • Je respire avec tout ça, et je vois si une action émerge, un geste, une envie de partager ça à quelqu’un, ou quoi que ce soit (si ça n’émerge pas, respirer avec les besoins nourris est déjà une action…)

(là j’ai décrit le processus pour une pratique solo, mais ça peut être bien sûr fait en direct dans le dialogue)

Mon expérience est que quand j’exprime ou je reçois la gratitude sous cette forme là, c’est beaucoup plus puissant que la méthode habituelle des compliments ou louanges. Entendre les besoins nourris, les aspirations profondes, et sentir que c’est habité corporellement, pour moi c’est super fort, je me sens super en lien et du coup je peux mesurer la puissance du merci que je reçois ou que je donne.

Il y aurait énormément à dire sur ce sujet, il y a des stages entiers de CNV sur ce thème, alors je m’arrête pour ici, je vous laisse farfouiller sur internet et j’avance…

Les effets

Il y a plein d’effets, je vous fais ma liste perso, issue de mon expérience, avec tous mes biais et mes croyances et mon propre prisme et tout et tout, hein 🙂

Le deuxième effet kiss-cool

C’est comme si je vivais un truc bien deux fois : la première fois je le vis, en direct, et lors de la gratitude je m’en fais un deuxième shoot. Si j’utilise le processus de la CNV, j’ai une connexion profonde avec ce que j’aime vivre, ce qui est bon pour moi, et respirer quelques minutes avec tout cela ça ancre dans mes cellules un bien-être profond.

L’effet super-boost dans les relations

Exprimer sa gratitude, surtout sous une forme approfondie (comme la CNV ou toute autre approche où on donne plus de détails qu’un simple « merci t’es super »), ça renforce vachement les relations. Quand quelqu’un·e me dit que ce que je suis ou ce que je fais a contribué pour elle·lui, d’abord ça me touche, ensuite je me sens nourrie par la relation, et ça nourrit encore mon élan de contribution. En gros c’est le fuel de mon envie de contribuer, de pouvoir recevoir du feedback régulier, sous forme de gratitude.

Alors soyons claires, ça ne veut pas dire que je fais quelque chose pour quelqu’un dans le but d’être remerciée, hein ! Ça veut juste dire qu’il est normal que si je fais plein de trucs sans jamais avoir de merci, je vais en déduire que ce que je fais ne contribue pas pour l’autre et ça va me couper mon élan naturel à contribuer, tout simplement. La gratitude c’est le fuel de l’élan de contribution, c’est juste normal.

Particulièrement avec les très proches

Ça me semble d’autant plus fondamental de pratiquer la gratitude régulièrement avec nos très proches, celles et ceux avec qui l’on vit, nos familles et ami·es proches, enfants, parents, partenaires, etc. Et aujourd’hui on est le 14 février, alors ça serait vraiment dommage de rater cette occasion de célébrer l’amour (en couple ou ailleurs)…

Ol y a plusieurs raisons à cela. La première, c’est que si je choisis d’être en lien avec tous ces gens, c’est qu’elles et ils me permettent de vivre ce que j’aime vivre, donc autant le leur dire (pour les mêmes raisons que plus haut : renforcer le lien, créer encore plus d’amour, donner du feedback pour nourrir l’élan de contribution).

La deuxième raison c’est que ça donne du mou pour les moments plus rudes, les moments où on s’engueule, où y a un froid, une maladresse, où l’on se blesse mutuellement. Avoir un bon gros socle de gratitude régulière c’est un peu comme un pare-feu, ça permet la bonne santé de la relation et ça permet de traverser les remous plus facilement, enfin je trouve. Bon, c’est pas juste moi qui trouve d’ailleurs, il y a des études scientifiques et des témoignages sur la puissance de la gratitude en couple, en famille et dans les relations, c’est pas nouveau 🙂

Le triple effet kiss-cool

Le triple effet kiss-cool, c’est que ça donne un shoot de joie et de bien-être qui dure un petit moment. Plus je pratique ça, plus je baigne dans une énergie de « boudiou c’est bon la vie », plus c’est ça que je rayonne et plus je reçois de raisons de me réjouir et plus ma vie se transforme. Ça crée un cercle vertueux où la gratitude appelle la gratitude.

Bien sûr ça ne veut pas dire que je ne vis plus que des trucs roses et cool et bons et faciles, bien sûr que non. Ce qui change c’est qu’à force de vivre la gratitude, y compris sur des choses extrêmement difficiles qui datent de plusieurs années ou décennies, je finis par développer un bain de confiance universelle qui me permet d’être d’accord avec mon expérience de vie, quelle qu’elle soit, et d’être reconnaissante de tout ce qui m’arrive, même si le cadeau est parfois emballé par la vie d’une manière qui fait super mal aux doigts quand on déballe, et qu’il me faut toujours un temps certain avant que la gratitude émerge après la douleur. Plus précisément, ça me permet de vivre l’expérience douloureuse, en étant ok de ne pas du tout ressentir de gratitude sur le moment, et en même temps en ayant confiance que la gratitude viendra, plus tard (bon, beaucoup plus tard parfois :-)…).

Disclaimer

Attention hein, je ne suis ni en train de vous dire que la gratitude fait ça à toutes celles et ceux qui la pratiquent, ni en train de dire que c’est « le bon endroit » où il faut être dans la vie. Pas de prosélytisme hein, je n’ai aucune idée de ce qui est bon pour vous, je n’ai pas la croyance que ce que je vis est la clef du bien-être global de l’humanité ou je ne sais quoi ! C’est simplement ça que je suis en train d’expérimenter dans ma vie aujourd’hui et je partage cette expérience personnelle : si ça peut vous inspirer ou vous faire réagir, c’est bon dans tous les cas…

Super important : pas juste avec la tête

Un truc fondamental, pas forcément facile à faire passer à l’écrit, est que la gratitude n’est pas quelque chose qui se pratique avec la tête et le langage verbal : si on veut goûter un changement durable, une vraie transformation internet, c’est très important de se laisser habiter corporellement par la gratitude. La CNV permet cela (avec le processus sentiments / sensations corporelles / besoins, qui est avant tout une expérience énergétique plus qu’un simple outil de communication…), et plein d’autres méthodes aussi le permettent. Si ça ne vous dit rien, voici les étapes génériques, en gros :

  • choisir la situation pour laquelle on éprouve de la gratitude, la décrire en quelques phrases
  • aller en profondeur sur pourquoi j’ai de la gratitude, quelles ont été les conséquences chouettes pour moi, tout ce que ça a permis, passer plusieurs minutes sur cette étape, à visualiser tout ce qui a été possible, me connecter à ma reconnaissance et à ma gratitude
  • respirer avec tout cela, respirer profondément, et sentir l’émotion de gratitude dans le corps, regarder comment je me sens quand je suis en lien avec tout ça, où ça se trouve dans mon corps et comment c’est, par exemple dans la zone de la poitrine, du plexus solaire, du ventre, respirer et rester avec les sensations dans le corps, sentir le bien-être qui infuse à chaque inspir et expir.

Cette façon permet vraiment un ancrage cellulaire, énergétique, de la gratitude en soi, ça nous remplit et ça transforme des trucs dans notre physiologie (tout comme le fait la cohérence cardiaque émotionnelle). Et c’est cet aspect là, la dimension corporelle, habitée, jusque dans le coeur et le ventre, qui est selon moi un gigantesque transformateur.

La pratique quotidienne transforme la vie

J’ai découvert tout ça grâce à deux choses combinées :

  • le livre La Magie (de Rhonda Byrne) qui m’a proposé pendant un mois de pratiquer la gratitude au quotidien sur divers aspects de mon existence (corps, santé, travail, succès, argent, relations, passion, bonheur, couple, la Vie, biens matériels, la nature, entre autres) au travers d’exercices demandant environ trente minutes par jour minimum.
  • mes stages CNV, dans lesquels il est régulièrement proposé de faire un temps de gratitude pour soi, les autres, la nature, ou autre, grâce auxquels j’ai pu comprendre et expérimenter la dimension corporelle ancrée de la gratitude

Pendant le mois de pratique du livre de Rhonda Byrne, j’ai remarqué qu’il me venait spontanément, tout au long de la journée, des élans de gratitude, comme des vagues, qui surgissaient pour plein de petites choses qu’avant j’aurais prises pour acquises ou que je n’aurais pas pris la peine de remercier. J’ai vu que, petit à petit, je me suis mise à avoir de la gratitude super souvent, et j’ai vu progressivement mon regard sur le monde changer, comme si le monde autour et mon expérience de vie étaient en elles-mêmes des cadeaux.

Gratitude globale

Aujourd’hui cet état d’être persiste, et je suis souvent dans un état de gratitude globale, pas spécifiquement « pour quelque chose ou quelqu’un », mais simplement « pleine de gratitude » tout court. Je vois que ça apporte vachement de joie à mon quotidien, de la douceur dans les moments de peine, et que ça nourrit profondément ma confiance dans la vie. Ça me permet par exemple d’avoir de la gratitude avant que les choses se produisent, de la gratitude pour la bonne résolution des difficultés, car c’est imbriqué avec la confiance générale que la vie me veut du bien, dans le fond. Ainsi je vois que ma lutte contre les obstacles de la vie est un peu plus assouplie, je vois désormais un peu plus les obstacles comme des expériences, des occasions d’être qui j’ai envie d’être, et j’ai confiance que je reçois du soutien face à cela.

Et vous, c’est quoi pour vous la gratitude ?
Avez-vous expérimenté des choses similaires, différentes, autres ?

Pratique

Pour pratiquer, je vous remets ici les étapes ci-dessus :

  1. Choisissez une situation pour laquelle vous éprouvez de la gratitude, décrivez-là en quelques phrases. Si vous manquez d’idées, sachez que vous pouvez choisir des choses simplissimes (avoir un corps qui respire, pouvoir marcher bouger ou autre, avoir dormi ou mangé aujourd’hui, avoir vu un oiseau, etc.).
  2. Allez en profondeur sur pourquoi vous avez de la gratitude, tout ce que ceci vous permet, passez plusieurs minutes sur cette étape, à visualiser tout ce qui a été ou est possible grâce à ça, connectez-vous à votre reconnaissance et à votre gratitude.
  3. Respirez avec tout cela, respirez profondément, et sentez l’émotion de gratitude dans votre corps, regarder comment vous vous sentez quand vous êtes en lien avec tout ça, où ça se trouve dans votre corps et comment c’est, par exemple dans la zone de la poitrine et du coeur, du plexus solaire, du ventre, respirer et rester avec les sensations dans le corps, sentir le bien-être qui infuse à chaque inspir et expir.

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