L’invitation

Une invitation pour aujourd’hui, celle d’aller lire un texte qui s’appelle l’invitation justement :

  • Le poème original d’Oriah, issu de son livre éponyme, lisible dans la colonne de gauche sur sa page web : The invitation – Oriah Mountain Dreamer.
  • L’invitation en français : on trouve de nombreuses traductions sur internet, par exemple ici, je vous laisse en goûter plusieurs pour trouver celle qui vous parle le mieux.

Il y a vraiment beaucoup, beaucoup de choses dans ce texte et chacune me parle.

Coeur brisé ouvert

Ce qui me touche le plus dans le fond, c’est cette invitation à garder son coeur ouvert à ce qui est, même si ce qui est fait mal. Cette idée que la peur de la souffrance, peur qui agit depuis un merveilleux élan de protection envers moi, en même temps m’empêche parfois de vivre pleinement. Cette idée d’être capable de rester avec la tristesse et la douleur, la mienne ou la tienne, sans vouloir fuir ni changer quoi que ce soit, en sentant dans le fond que c’est juste de rester et que c’est le sens de la vie.

On retrouve ceci chez Isabelle Padovani aussi, par exemple dans cette vidéo : Comment garder son coeur ouvert? La volonté d’accepter que mon coeur sera brisé chaque jour, et la volonté chaque jour de le rouvrir, une fois, dix fois, cent fois, mille fois. L’accueil tendre et bienveillant de ce coeur brisé à chaque instant, la douceur et la paix qui le bercent, qui me permettent de le rouvrir.

Toucher le « oui »

Et quand parfois ça marche, quand la peur me quitte, j’ai fondamentalement de la joie à voir mon coeur se briser et se rouvrir. Quand il se brise face aux paroles ou aux actes d’un être en face de moi, je sens la vie en moi, la vie qui pleure ou qui a mal, la vie qui vibre, son intensité, en lien avec mon humanité, ton humanité, notre humanité.

Même si ça fait mal je sens la puissance, le courage, la justesse, la pertinence, la valeur transformatrice et créatrice de cet instant, et tout au fond, si j’accueille mon coeur qui se brise, je sens la chaleur familière du brasier de la joie. Quand il se rouvre, que je me reconnecte à l’humanité de cet être en face de moi, je sens également la vie en moi, la paix qui m’inonde, la joie profonde, là aussi ça vibre et c’est intense.

Et parfois, le « oui » c’est un « non »…

Bon, c’est pas tout le temps vrai, par contre, que la vie c’est dire oui à la douleur ou la tristesse, parfois c’est contraire à la vie de rester, parfois c’est dire « non » et s’en aller qui est en accord avec la vie.

Ah ben ça nous simplifie pas trop l’histoire cette remarque, et comment je fais la différence alors, entre un moi qui pleure et la vie ça serait de partir, et un moi qui pleure et la vie ça serait de rester? Il n’y a pas de règle absolue évidemment, il n’y a personne d’autre que vous ou moi pour savoir.

Comment faire ?

Ce qui me guide c’est me demander si dans le fond je suis en paix. Est-ce que ce « oui » ou ce « non » honore la vie qui est en moi, honore mon humanité?

La réponse est personnelle et profonde. Moi c’est mon intuition (couplée au processus de la Communication Nonviolente comme toujours) qui me sert de gouvernail. Pour déceler le « non » qui honore la vie du « non » qui refuse la vie je lui demande : est-ce que ce « non » est dit depuis un espace paisible? Y a-t-il de la violence, de la haine, de la peur, du dégout dans mon « non »? Est-ce que je suis en réaction, est-ce que j’agis contre quelque chose, est-ce que je suis en lutte, en révolte, en refus? Est-ce que je vois encore un être humain en face de moi ou bien un ennemi?

Ou bien est-ce que mon « non » est calme et posé, posé fermement sur un « oui » à quelque chose de très précieux et de bien vivant pour moi? Autrement dit, qui est-ce qui parle en moi en ce moment, y a-t-il de la tension dans la voix qui parle, ou bien de la paix et de la douceur?

Si je dis « non » depuis un espace calme, je ne ferme pas mon coeur, je pars, je m’en vais, je me préserve, et en même temps je suis en paix, et mon coeur reste ouvert. Et la boucle est bouclée.


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