Mettre en place une habitude, pourquoi c’est si dur ?

J’ai passé pas mal de temps sur mon ancien blog à écrire sur les habitudes, et malgré cela je viens encore de comprendre un truc nouveau qui me fait l’effet d’une bombe et qui me fait dire « comment j’ai pu rater ça et ne pas le voir clairement plus tôt ? ».

Bon, va savoir, c’est comme ça. Donc me revoilà dans la série « j’ai compris un truc aujourd’hui », et comme cette compréhension me donne un outil nouveau pour faciliter la mise en place d’une habitude, j’ai bien envie de vous le partager.

Bon je triche un peu, en vrai j’ai compris ce truc il y a un bon mois et demi déjà, et je suis donc au stade du retour sur expérience : je n’ai pas simplement compris, j’ai aussi eu le temps d’expérimenter que oui oui c’est bien ça pour moi (en ce moment en tout cas).

Alors voilà ce que j’avais déjà bien compris :

  1. mettre en place une habitude c’est dur ;
  2. pour que ça marche il est (bien souvent) nécessaire de commencer doucement.

Dans le fond j’avais expérimenté ces deux choses-là sans vraiment avoir compris pourquoi il en était ainsi (pour celles et ceux qui disent, comme je le dis parfois, « mais on s’en fout de comprendre » : pour moi ici c’est utile parce que la compréhension me donne des idées qui vont permettre de soutenir la mise en place de l’habitude).

Retour à la source : la décision de mettre en place une nouvelle habitude

Dans mon expérience, quand je choisis de mettre en place une habitude, c’est en général le résultat d’une bonne grosse réflexion, d’un travail intérieur, d’une remise en cause de choses anciennes et d’une volonté de changement. Tout ce temps passé à réfléchir et à imaginer débouche finalement sur la volonté de mettre en place une nouvelle habitude, pour soutenir le changement et l’évolution.

Autrement dit, quand je décide de mettre en place une habitude, j’ai bossé, réfléchi, évolué, je suis prête au changement, et d’une certaine manière j’ai déjà commencé le chemin. Et inévitablement, moi (peut-être pas vous ?) j’aimerais fort que le changement soit déjà là, que l’habitude soit déjà en place, puisque tout est prêt en moi et que je suis déjà en route.

Frustration

Il y a une part de moi qui est déjà quinze kilomètres devant sur le chemin et qui se projette déjà dans un avenir différent (et bien mieux, selon elle), et celle-là elle n’a pas des masses de patience avec mon cerveau pas du tout habitué. Cette part-là, qui voudrait qu’on soit déjà « plus tard », elle gère pas trop trop bien d’avoir à attendre, et sa frustration est à la hauteur du chemin qu’elle a parcouru pour arriver à la décision du changement, à la hauteur de sa volonté de changer et à la mesure de la beauté de ses aspirations.

Elle a donc du mal à attendre et à accepter que, moi (tête corps coeur), il me faut du temps pour intégrer les choses, pour établir de nouvelles autoroutes neuronales, engrammer des changements, et qu’il y a une vitesse d’intégration et d’imprégnation qui est loin de celle de la lumière, qui me demande des jours et des semaines de patience. Bon et puis c’est pas juste mon expérience qui me dit que c’est long de changer, ce sont aussi les neurosciences, autrement dit c’est vrai aussi pour un paquet d’autres gens

Conséquence : je démarre trop vite

Voilà, je comprends donc qu’il y a une part méga frustrée qui veut le résultat tout de suite. Et cette agitée là me pousse à ne pas respecter la règle « commencer doucement, faire des petits pas ». Elle est hyper motivée à obtenir le résultat donc elle se dit qu’elle va démarrer comme une brute, avec cette croyance que si on fait beaucoup d’efforts alors on a beaucoup de résultats. Elle oublie complètement le facteur « temps et longue durée », pourtant indispensable, de l’équation.

Et la conséquence de démarrer trop vite, je la connais bien : une semaine d’euphorie, puis une semaine où c’est déjà plus difficile, et enfin découragement et abandon la troisième semaine. Tout simplement parce que les gros efforts ne sont pas tenables pour moi comme ça de but en blanc, à moins d’être super fort (ce n’est pas mon cas) ou de se faire super violence grâce à une très grande volonté (ce n’est pas mon cas non plus). Avec l’abandon, vient aussi l’idée que je ne sais pas faire (variante avant que je fasse de la CNV : je suis nulle), que c’est trop dur pour moi.

Bon ben je fais quoi alors ?

La clef pour moi aujourd’hui c’est de vraiment respecter cette règle de démarrer doucement : une seule habitude à la fois, avec des objectifs quotidiens mais microscopiques. Microscopiques pour moi ça veut dire bien inférieurs à ce que je souhaite à terme, lorsque l’habitude sera bien établie.

Par exemple si je souhaite méditer une demi-heure par jour, je vais démarrer en m’engageant à méditer 2 ou 3 minutes tous les jours, pas plus. J’ai de la clarté que j’ai besoin de mettre en place la routine, de l’installer sur le long terme d’abord, avant de pouvoir monter en charge. Sinon c’est peine perdue, en tout cas pour moi : commencer trop fort c’est rigolo au début mais très vite fatiguant et décourageant.

Mais moi je suis motivée à fond, pourquoi commencer petit si je peux faire mieux ?

C’est justement ça le piège : si je suis motivée à fond et que je veux vraiment développer cette nouvelle habitude, démarrer sur un rythme pas tenable est exactement la recette pour le ratage. Ma motivation doit être focalisée sur une seule chose : l’endurance, tenir dans la durée, et pas du tout sur le volume. Et pour tenir dans la durée il m’est nécessaire de ne pas m’en demander trop.

Et je me suis observée plusieurs fois ne pas suivre cette recommandation, vouloir quand même partir à fond les ballons, simplement parce que j’avais un mal de chien à ressentir la frustration de n’avoir pas le résultat tout de suite, et à contenter cette frustration en faisant des efforts énormes.

La clef pour commencer petit : accueillir la frustration

Aujourd’hui je fonctionne différemment : au lieu d’être envahie et dominée par cette frustration, je suis capable (pas toujours hein, soyons clairs…) d’en prendre conscience, de la voir venir. Et là je peux, avec la Communication Nonviolente, prendre le temps de l’accueillir.

Concrètement, ça signifie que je me relie à cette part de moi qui voudrait le résultat tout de suite, je prends le temps de rester avec elle et j’écoute ses besoins et aspirations. Je prends la mesure de combien c’est beau et chouette ce qu’elle souhaite vivre, et combien elle est impatiente à vivre ça tout de suite. Et ensemble nous faisons le deuil d’avoir un cerveau juste normal, d’avoir des limites juste normales, et de ne pas pouvoir vivre tout de suite le rêve souhaité, et que c’est dur et triste aussi parfois.

Cet accueil m’apporte en général pas mal d’apaisement, qui permet à la part excitée d’entendre avec clarté que, si elle veut vraiment son objectif, il serait vachement plus efficace de commencer léger. Je peux donc choisir un tout petit pas, une mini-habitude, et commencer à bosser dans la durée.

A ce stade ma part excitée a en général un deuxième deuil à faire : le petit pas est beaucoup trop petit ! Il ressemble à pas grand chose, comment est-ce que je vais arriver au but avec un tel truc si petit ? Alors rebelotte, j’accueille et je rassure, j’entends à nouveau les rêves et les aspirations, nous faisons le deuil qu’il ne va pas se passer grand chose au début.

Quand la part est suffisamment apaisée pour m’écouter, je pointe du doigt : regarde, nous sommes sur le chemin, nous allons dans la bonne direction, cette action va dans le bon sens, elle sert notre objectif. Et là ça se détend, ah oui c’est vrai, on a commencé à bosser, en fait. Et je demande à ma part excitée de conserver son énergie et sa motivation pour me soutenir à recommencer le petit pas demain, et après-demain.

Et avec le temps je peux observer que ça marche effectivement très très bien comme ça, ce qui rassure a posteriori (en éduquant par l’exemple et l’expérience) la part de moi qui est frustrée et excitée, et ça me permet aujourd’hui de mettre en place des habitudes avec beaucoup plus de douceur, de joie, de détente et de réussite…


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